La solitude, comment l’apprivoiser ?

La solitude, redoutée par certains, recherchée par d’autres, augmente de jour en jour et affecte la totalité des catégories sociales : jeunes, vieux, riches, pauvres, expats, résidents, …. Non seulement dans les grandes villes, mais aussi dans les campagnes. 

Et à l’approche des célébrations et des fêtes, elle se ressent davantage. Mais, qui blâmer ?

Les divisions de la société moderne ? La pauvreté ? Les réseaux sociaux ? …

Selon les statistiques officielles, la solitude est un mix de plusieurs facteurs. Ce qui la rend d’autant plus difficile à cerner. 

Toutefois, quelles qu’en soient les raisons, de plus en plus de personnes se replient sur elles-mêmes. Ce faisant, au lieu de s’ouvrir, leur vie se referme, et sous peu, elles se retrouvent prisonnières de leurs propres décisions et choix.

La solitude serait, alors, moins due à des circonstances extérieures qu’à des conditions créées par certaines habitudes et comportements qui acculeraient progressivement à l’isolement.

Mis à part la pauvreté matérielle, la solitude serait, dans la majorité des cas, le résultat d’une pauvreté psychologique, caractérisée par l’angoisse de se retrouver seul(e) avec soi-même, poussant à rechercher la compagnie à tout prix. 

La solitude nous affecte plus ou moins tous. L'idée, c'est d'arriver à bien la vivre.

Ce qui accentue encore plus le sentiment de solitude… 

Différencier solitude et isolement

La solitude, sauf si elle est choisie, est un sentiment souvent contredit par les faits, comme par exemple au travail, à l’école, …ou même en couple. Une personne peut se sentir esseulée même si elle est entourée de l’affection des proches. C’est le fameux :

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. »

Occasionnellement, la solitude nait du constat d’incompréhension. Néanmoins, en refusant d’aller vers l’autre, en rejetant la main tendue ou en dédaignant les tentatives de son entourage, on se barricade dans une posture qui, en faisant le vide autour de soi, conduit fatalement à l’isolement.  

L’isolement est par contre une situation réelle, que l’on sente ou non seul(e). En tout cas, qu’il soit consciemment ou inconsciemment créé, cet état est caractérisé par l’absence physique d’humains dans son environnement, quelle que soit leur fonction : parents, collègues, camarades, voisins, … 

L’isolement est parfois dû à des conditions sociales difficiles, qui rendent les contacts avec les autres problématiques. Comme par exemple le manque d’argent ou l’âge qui empêche d’avoir la vie sociale et les fréquentations désirées. 

Cependant, il existe, surtout dans les grandes villes, un grand nombre de structures permettant de pallier cette carence. L’isolement est alors le résultat d’un choix personnel. 

Ainsi, si la solitude est le fruit d’une attitude consistant à éviter ou rejeter les autres sous quelque prétexte que ce soit, l’isolement en est la conséquence.   

Au final, afin d’éviter de tomber dans ce piège, il est nécessaire de tout faire pour briser le cercle vicieux en formation : rejet-solitude-isolement-renforcement de la solitude, …

La solitude est souvent le résultat d'une attitude consistant à éviter ou rejeter les autres. L'isolement en est la conséquence.

Solitude désirée ou subie

Bien entendu, toutes les solitudes ne sont pas égales. Il y a solitude et …solitude.

Paradoxalement, et ce en dépit de la pression sociale toujours plus forte, elle serait de plus en plus recherchée, surtout par les jeunes femmes, qui y voit une source de liberté.

Il est clair que la solitude permet de se construire une vie plus axée sur sa carrière professionnelle et faite, par ailleurs, d’occasions de voyages, de sorties et de rencontres –ce que ne permet pas toujours la situation de couple,  … 

En un mot, la solitude offre une vie plus centrée sur soi et en même temps plus ouverte sur l’autre, pleine de possibilités de toutes sortes. 

La solitude devient alors une rare opportunité pour mieux se connaître, se découvrir, et orienter sa vie plus librement.

Toutefois, il faut l’accepter et la vivre totalement, et ne pas succomber au regard des autres, au qu’en dira-t-on. C’est ce qui arrive si l’on n’a pas suffisamment travaillé sur soi, si l’on prend à son compte les angoisses des proches à votre sujet, ou projette sur les autres ses propres appréhensions…

C’est pour cela que le célibat est le test de mise à l’épreuve par excellence, car cette position est violemment rejetée par l’ensemble de la société. 

Cela ne veut pas dire que le célibat soit désirable en soi. Mais si l’on arrive à organiser sa vie à sa convenance, fidèle à soi, il n’est pas nécessairement synonyme de solitude.   

Par contre, si l’on pense que la vie de couple est la seule possible –elle n’empêche pourtant pas la solitude–, dans ce cas, on éprouve un vide intérieur qu’il faut combler… La solitude est alors subie et devient une souffrance

D’un autre côté, lorsqu’elle est subie, la solitude crée un sentiment d’exclusion –réelle ou non– souvent liée à des conditions sociales défavorables comme la pauvreté, le chômage ou l’âge. En même temps, ces personnes, souvent éloignées du milieu professionnel, associatif, familial ou amical se sentent abandonnées, voire inutiles. 

La solitude, lorsqu'elle est subie, est vécue comme exclusion dans laquelle la personne en souffrance se sent abandonnée, voire inutile.

Progressivement, alors qu’il serait urgent de se re-motiver, le désenchantement s’installe. Ces personnes se replient sur elles-mêmes et ne tentent plus de sortir de leur isolement. Un cercle vicieux s’est créé

Et dans ces cas-là, la solitude devient un problème social, générateur de suicides, de maladies, de comportements asociaux, voire de violence.

La solitude, fléau social ? 

L’être humain est un être social par excellence. Tant qu’il considère l’autre comme autrui, c’est-à-dire comme un autre lui-même, tout va bien. L’ouverture à l’autre est alors possible. Le lien social est maintenu, la paix et l’harmonie prévalent. Les relations entre personnes fonctionnent sans accrocs.  

Cependant, force est de constater que c’est rarement le cas. Ceci est dû au fait que la société moderne encourage peu l’estime et le respect de soi. Ce qui affecte par contre-coup le respect d’autrui.  

La solitude, et par ailleurs l’isolement, n’en est le reflet. En effet, si dans une société la peur, la méfiance, le mépris ou autres attitudes et émotions négatives dominent, ceci amorcera la disparition du lien social, et l’accentuera par la suite. Ses membres s’isoleront de plus en plus et se créeront un monde environnant fait de solitude. 

Et pourtant la solitude n’est pas bonne conseillère…

C’est ainsi que se multiplieront les maladies dues à la négligence de soi comme l’alcoolisme, les déviances dues au sentiment d’inutilité et de rejet, voire, dans certains cas, la violence contre soi comme le suicide.

Et vu les conditions de vie actuelle, la solitude semble inévitable. 

Afin d’éviter d’y glisser, la solution est d’apprendre à s’ouvrir aux autres, même si cela demande des efforts. Et avant tout, d’apprendre à mieux vivre sa solitude, en développant l’amour et l’estime de soi.

La solitude et l'isolement sont souvent considérés comme un fléau social car ils détruisent ceux et celles qui en souffrent.

Mieux vivre sa solitude. L’estime de soi

Puisque nous sommes plus ou moins condamnés à connaître la solitude à un moment ou à un autre de notre vie, autant apprendre à mieux la vivre.

La peur de la solitude est avant tout une peur de se retrouver seul(e) avec soi. Très souvent, celle-ci provient de la peur de faire face à ses émotions, de ne pas savoir les gérer, ou encore d’avoir du mal avec sa propre image. L’autre raison de redouter la solitude vient de l’incapacité de vivre avec soi, c’est-à-dire de pouvoir s’occuper, ou occuper son temps. C’est alors que l’on succombe à l’ennui, en ressassant les mêmes idées, en tournant en rond et en pensant que la présence d’autres personnes est indispensable. C’est ce qui se passe fréquemment chez les personnes âgées.

Pourtant, on peut vivre seul(e) et être heureux(se) !

  • La première des choses, est d’apprendre à s’aimer, toujours et encore plus. Plus on s’accepte, plus c’est facile d’apprivoiser la solitude. Car la solitude c’est se faire face à longueur de journée…

Mieux on embrasse ses qualités ainsi que ses travers, et s’accommode de son image, plus facile alors est de vivre avec soi. 

Astuce : méditer aide à alimenter un sentiment positif vis-à-vis de soi. On peut facilement trouver sur Internet des méditations –ou des cercles de méditation si vous préférez être en groupe– parmi lesquelles choisir.

  • Autoriser ses émotions : si la solitude est vécue comme une situation angoissante parce que vous redoutez vos émotions, il est nécessaire de les accueillir. De s’en faire l’auteur.

Il est vrai que les sociétés actuelles exigent que chacun soit maître de ses émotions, et fasse preuve de contrôle. Néanmoins, les émotions positives ou négatives, font partie de notre vie. Elles en sont d’ailleurs le moteur. 

Il est donc important d’apprendre à vivre ses émotions.

Astuce : n’ayez pas peur d’exprimer vos sentiments. Vous ne serez que plus apprécié(e) de ceux qui vous aiment vraiment.  

  • Être à l’écoute de soi : la solitude permet, si vous lui ouvrez l’accès, de faire le point sur votre vie. Et avant tout, de faire tomber les masques. 

Cela n’est possible que si vous acceptez de faire le silence à l’intérieur de vous, et accueillez avec bienveillance et compassion les émotions ainsi que les sentiments qui vous traversent. 

La solitude, lorsqu'elle est recherchée, permet de mieux se connaître. La méditation et le silence aident à y parvenir.

Vous découvrirez alors une personne que vous ignoriez avant !

Astuce : accordez-vous des moments de solitude afin de vous concentrez sur vos désirs, vos rêves et ambitions. Prenez une feuille blanche, et notez. Vous obtiendrez des idées et des réponses auxquelles vous ne vous attendiez pas.

  • S’affranchir des idées reçues : il est vrai que tout a été conçu pour que l’on soit au moins deux. Néanmoins, on peut s’affranchir de ces préjugés appauvrissants, et passer du temps de choix avec soi-même. Il n’est pas nécessaire d’être accompagné(e) ou entouré(e) pour porter vos plus beaux habits, pour vous couvrir de fleurs, ou vous concocter une soirée dans votre restaurant favori en tête-à-tête avec vous-même, ou un après-midi dans votre salon de thé préféré. 

Astuce : soyez votre invité(e) d’honneur, et vous verrez que vous vous transformerez aisément en votre meilleur(e) ami(e) et confident(e).

  • Renforcer son identité : la solitude permet bien sûr de mieux se connaître, sans faux-semblants et sans se mentir à soi-même. Elle permet également de faire la part des choses, de découvrir vos propres sentiments et de révéler au grand jour ceux de votre entourage. Et surtout de pouvoir décider pour vous-même.

Astuce : puisque vous êtes à nu, c’est le moment de montrer votre vrai caractère, de faire le tri dans votre vie, d’en éliminer les opinions ainsi que ceux (celles) qui vous desservent. Vous deviendrez une tout autre personne et renaîtrez à vous-même. 

Toutefois, si la peur est la plus forte, et que vous éprouvez des angoisses insurmontables quand vous vous retrouvez seul(e), il faudra alors chercher de l’aide auprès d’un(e) thérapeute.

Ma question du jour

Souffrez-vous de solitude ? Que faites-vous pour la briser ? 

Réagissez ! Êtes-vous d’accord ? Pas d’accord ? 

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