Le stress au quotidien. Que se passe-t-il exactement dans votre cerveau ?

Le stress vous connaissez certainement… 

Cela vous est peut-être arrivé de subir un manager qui vous demandait de rendre les dossiers en moins de temps que vous ne le pouviez. Des « responsables », supérieurs hiérarchiques qui, sans vraie raison, vous harcelaient au travail. Ou, c’est peut-être encore le cas…

De même, à la maison, vous vous êtes senti(e) tiraillé(e) entre les demandes des enfants ou du (de la) conjoint(e), et les exigences de votre carrière. Pris(e) dans les embouteillages –ou coincé(e) dans le métro–, justement le jour où vous aviez un entretien d’embauche décisif. 

Toutes ces situations, somme toute communes, génèrent du stress au quotidien.

Le stress–ou situation de stress– signifie qu’une personne ressent un déséquilibre entre ce qu’on lui demande de faire –ou ce que l’on attend d’elle– au travail, dans sa famille, dans la vie courante, …, et les ressources (capacités physiques, intellectuelles, …) dont elle dispose pour le faire ou pour y répondre.  

Le stress nait du déséquilibre entre une demande et les capacités à répondre à cette demande de façon satisfaisante

En cas de stress, vous vous trouvez dans une situation qui vous semble insoluble, car les moyens d’agir ou de réagir de façon satisfaisante vous semble impossibles sur le moment. Vous vous sentez frustré(e), dépossédé(e) de pouvoirs d’agir, prisonnier(ère) d’une situation incapacitante, voire menaçante. Et c’est de là que naît le stress.

Le stress, une menace ? Pourquoi ?

Lorsque vous vous trouvez dans une situation dite de stress, vous la ressentez comme une attaque déséquilibrante qui demande une réponse. C’est la réponse, ou plus exactement comment vous y répondez, qui constitue le stress. 

En effet, si vous percevez la situation comme menaçante, votre organisme réagira instantanément. Alors, se déclenchera dans votre cerveau le signal : danger ! Ce signal appelle à la vigilance, car il focalise sur ce « danger », mobilise une certaine énergie, et se prépare à une réponse adaptée. 

Si la menace est brève, vous pourrez vous adapter à la situation, et reprendre votre train de vie habituel. Par contre, si cette situation stressante se répète, il y aura perte de contrôle accompagnée de douleur. Et c’est l’état de stress.

Que se passe-t-il au niveau du cerveau ? 

Pour comprendre pourquoi le stress nous affecte, il faudrait décrire en quelques mots ce qui se passe au niveau du cerveau.

Le stress est en grande partie dû au dysfonctionnement des aires du cerveau notamment les aires motrices et d'association

Afin de contrôler les actions de l’organisme, le cerveau humain est constitué de différentes zones (aires) fonctionnelles :

• Les aires somatosensorielles, qui reçoivent et traitent les signaux provenant des sens –auditif, visuel et corporels– permettent au cerveau de répondre à l’environnement. Le cerveau interprète ces signaux, et en tire une réponse adaptée. Ces aires remplissent donc une fonction de réception, d’intégration et d’émission de données. 

• Les aires motrices, qui gèrent la motilité (les mouvements), reçoivent les signaux moteurs et envoient ces informations vers les muscles et les glandes.

• Les aires d’association modulent l’activité du cerveau en fonction de divers facteurs (physiologiques, chimiques, ..). Leurs fonctions sont très diverses. C’est parmi ces aires que se trouvent les lobes cérébraux :

– le temporal impliqué dans la mémorisation, les fonctions du langage, …

– le pariétal ou zone d’association des données sensorielles.

– le préfrontal ou siège de l’intelligence humaine.

Dans la vie courante, toutes ces aires collaborent, et un comportement coordonné et adapté permet la résolution de tout problème. Toutefois, si, pour une raison quelconque, il y a manque de collaboration, une situation donnée peut alors apparaître comme insolvable. C’est alors qu’elle devient stressante, et est donc perçue comme une menace.

Comment expliquer la non-coordination des aires cervicales ?

Il existe une théorie –celle de Paul MacLean–, plus ou moins controversée, dite « triunique », selon laquelle le cerveau, au cours de son évolution, se serait développé en plusieurs phases. La structure la plus ancienne serait appelée le cerveau reptilien, et la plus récente correspondrait au cerveau humain proprement dit.

Le stress est selon la théorie triunique lié à l'amygdale logée dans le cerveau limbique

1. Le cerveau reptilien correspond au tronc cérébral (le haut de la colonne vertébral). Il est responsable des comportements primitifs assurant les besoins fondamentaux. Il assure la survie de l’individu et de l’espèce :

– les fonctions régulatrices homéostatiques : respiration, pression artérielle, température, … 

– la satisfaction des besoins vitaux : alimentation, sommeil, reproduction, …

– l’instinct de conservation.

Ses réponses automatiques, immédiates, les identifient à des réflexes. Le reptilien ne peut s’adapter à une nouvelle situation, car sa mémoire est à court terme.

2. Le cerveau limbique correspond à cette partie du cerveau jouant un rôle essentiel dans le comportement en général. Et en particulier dans la gestion des émotions comme l’agressivité, la peur, le plaisir et la formation de la mémoire. C’est là que se situe l’amygdale, la glande impliquée dans l’agressivité et la peur. 

Le stress est déclenché au niveau de l'amygdale, une glande qui gère les émotions dont la peur et l'agressivité

3. Le néocortex correspond à la couche externe des hémisphères cérébraux. Il est impliqué dans les fonctions cognitives supérieures comme les commandes motrices volontaires, le raisonnement, la conscience et le langage.  

À noter que ces aires sont totalement indépendantes les unes des autres, ce qui expliquerait certains dysfonctionnements.

Pourquoi stressons-nous ?

En cas de stress, c’est-à-dire de menace potentielle, le cerveau recevrait donc des messages des différentes aires, tous plus ou moins contradictoires. Si la situation est perçue comme dangereuse, la fonction homéostatique (d’équilibre) du cerveau reptilien sera en déséquilibre, et la survie menacée. Aussitôt, entrent en jeu le limbique avec l’amygdale, qui déclenche la peur ou l’agressivité, et le néocortex qui devrait assurer une réponse adaptée en fonction de notre historique et de notre caractère.  

En fait, selon Jacques Fradin, le stress serait une « mauvaise » réponse à une situation donnée. En effet, le stress met en conflit deux lobes du cerveau qui ne fonctionnent pas de la même façon. Le cortex cérébral, qui renferme un certain nombre de fonctions automatiques et aussi la conscience, et le préfrontal qui est le siège de l’intelligence adaptative. Le problème c’est qu’aucun de ces centres de décision n’a l’ascendant sur l’autre. Il en résulte donc pour celui ou celle qui se retrouve dans une situation considérée comme menaçante, des ordres conflictuels du cerveau. 

Le stress révèle donc un certain dysfonctionnement au niveau neurophysiologique. Toutefois ce dysfonctionnement sera encore accentué par votre caractère.

Lire la suite dans l’article suivant

Ma question du jour

Quelles sont pour vous les situations de stress les plus communes ? Comment les gérez-vous habituellement ?

Votre réponse vous permettra de déterminer quel genre de personne vous êtes.

D’ici là, vivez pleinement 

Réagissez ! Donnez votre avis.

D’accord ? Pas d’accord ?

Restons connectés

Inscrivez-vous pour être informé(e)s des nouveaux articles

Nous protégeons votre vie privée. Vos données restent confidentielles

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *